Que doit gagner un photographe auprès d'un athlète avant de pouvoir créer ensemble des images exceptionnelles ?
« La confiance, sans aucun doute. Il m'arrive parfois de travailler avec des athlètes qui se dépassent vraiment et prennent des risques pour une photo. S'ils ne savent pas ce que vous faites ni quel pourrait être le résultat, pourquoi prendraient-ils ce risque ? Mes meilleures photos sont souvent le fruit de relations de longue date avec des athlètes, où cette confiance existe déjà. Elle passe aussi par la communication. Je leur montre des essais de prise de vue, je leur explique ce que j'essaie de réaliser et je les implique dans le processus. Cela doit être un dialogue. La personne que vous photographiez doit faire partie intégrante de la séance, plutôt que d'être simplement quelqu'un à qui vous donnez des instructions. »
Comment savez-vous quand abandonner l'image que vous aviez prévue pour vous adapter à ce qui se passe réellement ?
« Je pense que cela vient avec l'expérience. À mes débuts, si j'avais une idée et que les choses ne se passaient pas comme prévu, je pouvais me sentir perdu. Aujourd'hui, je me rends compte que presque toutes les séances photo en extérieur impliquent de résoudre des problèmes. On ne peut pas contrôler la météo. On s'attend à du brouillard, mais il est 100 mètres plus haut que prévu ; il faut alors décider de rester, de changer d'endroit ou d'essayer quelque chose de complètement différent. C'est bien d'avoir des idées en tête, mais il faut aussi rester ouvert à de nouvelles propositions et communiquer avec les personnes qui vous entourent. Je réfléchis toujours à différents scénarios – plan B, plan C, plan D – car il faut avoir des options. »
Qu'est-ce qui fait qu'une photo d'une figure impressionnante devient une superbe photo à part entière ?
« L'apport personnel. Quand je photographiais les Coupes du monde, il pouvait y avoir 50 ou 70 photographes regroupés, tous tournés dans la même direction. Je ne me suis jamais senti très à l'aise dans cette situation. Même à l'époque, je voulais apporter quelque chose de personnel à la scène. Je me souviens d'avoir photographié une course dans le brouillard et d'avoir utilisé un flash derrière le coureur comme contre-jour, car je voulais donner un aspect différent à cette même scène. Au final, c'est votre propre vision qui compte. Les idées et les concepts originaux aident, mais c'est aussi votre propre sensibilité et votre façon de voir les choses. Cela change avec le temps, et ce que j'aime aujourd'hui ne sera peut-être pas ce que j'aimerai demain. Je pense que cette évolution est normale. »
De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?
« Si je devais ne garder qu'un seul appareil photo parmi tous ceux que j'ai utilisés, ce serait le Canon EOS R3. Ses performances en basse lumière sont incroyables, il est relativement léger, l'autonomie de la batterie est excellente et je n'ai jamais eu de problèmes en l'utilisant par mauvais temps. L'autofocus, la prise de vue en rafale et le reste des caractéristiques techniques correspondent très bien à mon travail. Je photographie souvent des scènes d'action en basse lumière, je n'ai donc pas nécessairement besoin de la résolution la plus élevée possible. Pour ma façon de travailler, l'EOS R3 m'offre un très bon équilibre. »
Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?
« J'ai toujours du ruban adhésif sur moi. J'emporte également de nombreux types d'éclairages différents – des flashs Canon, des lampes à lumière continue, des lampes frontales – et généralement un petit réflecteur et un diffuseur. Je travaille souvent sur le vif quelque part en montagne, parfois sans assistant, donc tout doit être compact et léger. Les petits équipements qui peuvent faire toute la différence sont vraiment importants pour moi. »