Jb Liautard

Un vététiste effectue un wheeling sur un sentier forestier, le premier plan étant flou en raison d'une longue exposition.

Brendan Howey sur les sentiers forestiers de la Sunshine Coast, en Colombie-Britannique, au Canada. Ayant grandi en faisant du VTT, l'ambassadeur Canon Jb Liautard possède une compréhension instinctive de la culture de ce sport, de ses exigences techniques et des risques que prennent les athlètes pour obtenir la photo parfaite. Photo prise avec un Canon EOS R3 équipé d'un objectif Canon EF 16-35mm f/2.8L II USM (désormais remplacé par le Canon RF 15-35mm F2.8L IS USM) à 16 mm, 1/15 s, f/5,6 et ISO 1250. © Jb Liautard

« S'il faut 20 essais, eh bien il en faut 20. » Pour Jb Liautard, réaliser une superbe photo d'action ne se résume que rarement à pointer simplement son appareil photo vers un athlète d'exception. C'est un processus qui repose sur la collaboration, la persévérance et la volonté de tirer le meilleur parti de chaque élément du cadre.

Cette vision lui vient en partie du fait d'avoir été de l'autre côté de l'objectif. Basé à Valence, en France, Jb était un passionné de VTT avant de devenir photographe. Après s'être cassé la clavicule dans un accident de VTT, il a commencé à accompagner ses amis lors de leurs sorties avec une caméra d'action, réalisant au départ des photos en extrayant des images individuelles des vidéos qu'il tournait.

À 18 ans, il a mis en commun ses économies et l'argent que lui avait donné sa famille pour acheter son premier reflex Canon, un EOS 7D. La photographie a rapidement pris le dessus. Alors qu'il étudiait l'ingénierie, Jb s'est rendu compte qu'il préférait de plus en plus photographier ses amis faisant du VTT plutôt que d'en faire lui-même, jusqu'à abandonner ses études pour se consacrer entièrement à la photographie.

Cette expérience d'avoir d'abord été vététiste continue d'influencer sa façon de travailler. « Il faut comprendre ce sport », explique-t-il. « On sait ce qui est dangereux pour l'athlète et ce qui ne l'est pas, si une figure se situe dans sa zone de confort ou s'il doit vraiment se dépasser. Cela vous aide également à anticiper l'action et à reconnaître quand une figure est réussie. On peut se dire que la photo est bonne, mais l'athlète sait qu'il peut faire mieux – alors on recommence. »

Lieu : Valence, France
Domaines de spécialité : action, plein air
Kit préféré :
Une prise de vue nocturne à longue exposition d'un vététiste au sommet d'une colline, avec un seul faisceau de lumière dans le ciel sombre au-dessus de lui.

Kilian Bron, vététiste professionnel d'enduro, à Digne-les-Bains, en France. Jb utilise souvent des lumières et des longues expositions pour créer des images presque surnaturelles. Photo prise avec un Canon EOS R6 Mark III équipé d'un objectif Canon RF 15-35mm F2.8L IS USM à 15 mm, 10 s, f/2,8 et ISO 2500. © Jb Liautard

Un grimpeur sur glace se découpant en silhouette sur la paroi bleue de glace qu'il escalade.

Pilou Cret à La Grave, en France. « C'était la première fois que je photographiais de l'escalade sur glace », explique Jb. « Mais je savais que je voulais apporter ma touche personnelle aux photos et éclairer la scène depuis l'intérieur de la cascade, afin de mettre en valeur la texture de la glace et de faire apparaître le grimpeur sous forme de silhouette. » Photo prise avec un Canon EOS R6 Mark III équipé d'un objectif Canon RF 70-200mm F2.8L IS USM à 200 mm, 1/250 s, f/6,3 et ISO 100. © Jb Liautard

Tout aussi important, son expérience du VTT lui permet de partager une culture commune avec les athlètes qu'il photographie. Jb a grandi en regardant les mêmes vététistes et les mêmes films, ce qui lui a apporté des repères et des expériences qui l'aident à tisser des liens allant au-delà des photos elles-mêmes. Ces liens se sont renforcés au cours des sept années qu'il a passées à travailler en étroite collaboration avec une grande marque de VTT. Voyager et photographier à maintes reprises avec bon nombre de ces mêmes athlètes a permis de nouer des liens d'amitié et de confiance, ce qui a permis à Jb de pousser plus loin ses idées créatives. Mais évoluer dans ce même univers lui a également valu, à terme, ce qu'il décrit comme une « vision tunnel », ce qui l'a incité à revenir au travail en freelance et à rechercher de nouveaux sujets.

Ses images peuvent être méticuleusement planifiées, mais Jb laisse également place à l'imprévu. Certaines photos restent dans sa tête pendant des années, le temps qu'il trouve le bon athlète, le bon lieu et les bonnes conditions, tandis que d'autres peuvent naître simplement parce que le coucher de soleil attendu se transforme en pluie, en brouillard ou en arc-en-ciel.

Une coureuse vêtue d'une veste crème et d'un legging noir file à toute allure à travers un paysage automnal rendu flou par la longue exposition.

L'athlète Aurore Deltour-Delous en pleine course dans le massif du Vercors, en France. Après plus d'une décennie passée à se spécialiser dans le VTT, Jb applique de plus en plus son approche distinctive à un éventail plus large de sujets liés aux activités de plein air, allant de la course à pied et de la randonnée à la pêche, en passant par la photographie animalière et de paysage. Photo prise avec un Canon EOS R3 équipé d'un objectif Canon RF 70-200mm F2.8L IS USM à 92 mm, 1/30 s, f/8 et ISO 640. © Jb Liautard

Cet équilibre entre planification et adaptation a caractérisé certains de ses projets préférés, comme « The Art of MTB », créé avec le vététiste Thomas Genon. Jb souhaite que la photo soit parfaite tant sur le plan technique que visuel, tandis que l'athlète souhaite que l'action soit tout aussi forte. « C'est toujours un débat entre nous », explique-t-il. « Je veux la meilleure photo, mais l'athlète veut la meilleure action. Parfois, il faut 20 essais. On continue parce qu'on veut tirer le meilleur parti de tout. »

Son premier livre, Climax (2022), rassemble 70 photos issues de plusieurs années de travail consacré au VTT. Le fait de l'avoir édité avec un autre photographe a appris à Jb à prendre du recul par rapport à l'attachement émotionnel qu'il pouvait avoir pour une image et à juger la photographie en elle-même. La portée de son deuxième livre s'étendra bien au-delà de son travail sur le VTT.

Jb se considère de plus en plus comme un créateur d'images en plein air, appliquant les techniques et l'approche visuelle qu'il a développées grâce au VTT à la course à pied, à la randonnée, à la pêche, à la faune, aux paysages et à d'autres sujets. « J'adore apporter mon propre style à un nouveau domaine », dit-il. « C'est un tout nouveau terrain de jeu et une toute nouvelle façon de voir les choses. »

Que doit gagner un photographe auprès d'un athlète avant de pouvoir créer ensemble des images exceptionnelles ?

« La confiance, sans aucun doute. Il m'arrive parfois de travailler avec des athlètes qui se dépassent vraiment et prennent des risques pour une photo. S'ils ne savent pas ce que vous faites ni quel pourrait être le résultat, pourquoi prendraient-ils ce risque ? Mes meilleures photos sont souvent le fruit de relations de longue date avec des athlètes, où cette confiance existe déjà. Elle passe aussi par la communication. Je leur montre des essais de prise de vue, je leur explique ce que j'essaie de réaliser et je les implique dans le processus. Cela doit être un dialogue. La personne que vous photographiez doit faire partie intégrante de la séance, plutôt que d'être simplement quelqu'un à qui vous donnez des instructions. »

Comment savez-vous quand abandonner l'image que vous aviez prévue pour vous adapter à ce qui se passe réellement ?

« Je pense que cela vient avec l'expérience. À mes débuts, si j'avais une idée et que les choses ne se passaient pas comme prévu, je pouvais me sentir perdu. Aujourd'hui, je me rends compte que presque toutes les séances photo en extérieur impliquent de résoudre des problèmes. On ne peut pas contrôler la météo. On s'attend à du brouillard, mais il est 100 mètres plus haut que prévu ; il faut alors décider de rester, de changer d'endroit ou d'essayer quelque chose de complètement différent. C'est bien d'avoir des idées en tête, mais il faut aussi rester ouvert à de nouvelles propositions et communiquer avec les personnes qui vous entourent. Je réfléchis toujours à différents scénarios – plan B, plan C, plan D – car il faut avoir des options. »

Qu'est-ce qui fait qu'une photo d'une figure impressionnante devient une superbe photo à part entière ?

« L'apport personnel. Quand je photographiais les Coupes du monde, il pouvait y avoir 50 ou 70 photographes regroupés, tous tournés dans la même direction. Je ne me suis jamais senti très à l'aise dans cette situation. Même à l'époque, je voulais apporter quelque chose de personnel à la scène. Je me souviens d'avoir photographié une course dans le brouillard et d'avoir utilisé un flash derrière le coureur comme contre-jour, car je voulais donner un aspect différent à cette même scène. Au final, c'est votre propre vision qui compte. Les idées et les concepts originaux aident, mais c'est aussi votre propre sensibilité et votre façon de voir les choses. Cela change avec le temps, et ce que j'aime aujourd'hui ne sera peut-être pas ce que j'aimerai demain. Je pense que cette évolution est normale. »

De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?

« Si je devais ne garder qu'un seul appareil photo parmi tous ceux que j'ai utilisés, ce serait le Canon EOS R3. Ses performances en basse lumière sont incroyables, il est relativement léger, l'autonomie de la batterie est excellente et je n'ai jamais eu de problèmes en l'utilisant par mauvais temps. L'autofocus, la prise de vue en rafale et le reste des caractéristiques techniques correspondent très bien à mon travail. Je photographie souvent des scènes d'action en basse lumière, je n'ai donc pas nécessairement besoin de la résolution la plus élevée possible. Pour ma façon de travailler, l'EOS R3 m'offre un très bon équilibre. »

Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?

« J'ai toujours du ruban adhésif sur moi. J'emporte également de nombreux types d'éclairages différents – des flashs Canon, des lampes à lumière continue, des lampes frontales – et généralement un petit réflecteur et un diffuseur. Je travaille souvent sur le vif quelque part en montagne, parfois sans assistant, donc tout doit être compact et léger. Les petits équipements qui peuvent faire toute la différence sont vraiment importants pour moi. »

Ce que je sais

Jb Liautard

« Parfois, il suffit d'un seul message pour réaliser une superbe photo. Prendre contact avec les gens peut encore m'être difficile, mais il faut franchir le pas. Et surtout, sortez et prenez des photos. Pas besoin de parcourir le monde pour faire de bonnes photos : certaines de mes images de paysages préférées ont été prises à quelques minutes seulement de chez moi. On peut passer des heures à regarder des tutoriels, mais rien ne remplace le fait de sortir avec son appareil photo, de prendre de mauvaises photos et d'en tirer des leçons. »

Site Web : jbliautard.com

Instagram : @jbliautard

Facebook : Jb Liautard Photography

YouTube : Jb Liautard

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