Kakha Mshvidobadze

Un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, âgé, arborant ses médailles, assis au bord de son lit. Son reflet est visible dans le miroir accroché au mur.

Kakha Mshvidobadze, ambassadeur Canon, a photographié des anciens combattants âgés, dont Sergo Agababyan, en photo ici, dans le cadre de son projet de portraits de 2022 intitulé The Last of Us. « Ce sont les héros de la Seconde Guerre mondiale et ils font partie d'une histoire qui s'efface peu à peu », explique-t-il. Photo prise avec un Canon EOS R (désormais remplacé par le Canon EOS R6 Mark III) équipé d'un objectif Canon EF 24-70mm f/2.8L II USM (désormais remplacé par le Canon RF 24-70mm F2.8L IS USM) à 27 mm, 1/100 s, f/4 et ISO 200. © Kakha Mshvidobadze

L'histoire compte pour Kakha Mshvidobadze. Dans toutes ses réalisations, des documentaires télévisés aux portraits photographiques et aux contenus sportifs, son objectif est de consigner les événements afin qu'ils puissent être revécus et faire l'objet de réflexions pendant de nombreuses années. Son travail sur des projets où il a filmé des objets datant de plusieurs dizaines de milliers d'années a renforcé cette mission. « Filmer et photographier les véritables histoires de personnes vivant aujourd'hui, voilà ce que je souhaite léguer à la prochaine génération. C'est ma lettre à l'avenir. »

Kakha est né en Abkhazie, en Géorgie, où il a vécu jusqu'en 1992, année durant laquelle la guerre a éclaté et où il a été contraint de fuir vers Tbilissi avec sa famille, devenant ainsi un déplacé interne. Il était déjà familier avec la photographie grâce à son père, passionné par la prise de vue, le développement et le tirage de ses propres photos, sur lesquelles figuraient souvent Kakha et son frère. À 13 ans, il s'est inscrit à des cours extrascolaires de réalisation et de photographie dans un centre pour jeunes déplacés internes géré par une ONG internationale. « C'était ma première véritable expérience en matière de réalisation et de narration, et j'en suis tombé amoureux », explique Kakha.

Les ressources étaient limitées. Il n'y avait qu'une seule grande caméra VHS à partager entre tous les élèves du cours de réalisation, et dans le cours de photographie, il prenait des photos avec une pellicule noir et blanc qui, tout comme le papier d'impression, était difficile à trouver en Géorgie à cette époque. « La chose la plus importante que j'ai apprise, c'était de réfléchir à chaque prise de vue », explique-t-il. « Avant d'appuyer sur l'obturateur, je me demandais : à quoi ressemblera cette image une fois que je l'aurai retouchée et imprimée ? Cela m'a appris à être minutieux et cette habitude m'est restée. »

Lieu : Tbilissi, Géorgie
Domaines de spécialité : cinématographie, portrait
Kit préféré :
Gros-plan, réalisé avec un objectif macro, de multiples fibres multicolores enfilées dans le chas d'une aiguille.

Kakha a collaboré avec Toma Chagelishvili sur un article pour National Geographic Georgia, après que des chercheurs du Musée national géorgien ont découvert les plus anciennes fibres textiles teintes connues à ce jour. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark II (désormais remplacé par le Canon EOS R5 Mark II) équipé d'un objectif Canon EF 100mm f/2.8L Macro IS USM (désormais remplacé par le Canon RF 100mm F2.8L MACRO IS USM) à 1/30 s, f/6,3 et ISO 200. © Kakha Mshvidobadze

Lorsqu'il étudiait le cinéma, la télévision et la cinématographie à l'université d'État de Tbilissi, Kakha se rendait dans des cybercafés avec des amis ; mais tandis qu'ils jouaient à des jeux en ligne, lui parcourait les forums, un dictionnaire géorgien-anglais ouvert à ses côtés, pour découvrir tout ce qu'il pouvait sur l'éclairage d'une scène, ainsi que sur les appareils et les objectifs adaptés à différentes situations. Après avoir quitté l'université en 2007, il a été sélectionné pour un stage très convoité chez Rustavi 2, l'une des plus grandes chaînes de télévision géorgiennes, et s'est vu proposer un poste.

C'est là qu'il a rencontré le réalisateur de documentaires et écrivain Toma Chagelishvili, marquant le début d'une collaboration qui a notamment donné lieu à un article publié en 2014 dans National Geographic Georgia sur les plus anciennes fibres textiles teintes connues à ce jour, datant de plus de 32.000 ans, ainsi qu'au documentaire I Didn't Cross the Border, The Border Crossed Me (2016), sélectionné au Festival international du film d'Odessa.

Un homme contemplant les collines verdoyantes depuis une cabane en bois. Image tirée de Muradi de Kakha Mshvidobadze.

Bien qu'il se consacre principalement au documentaire, Kakha a travaillé comme directeur de la photographie sur des séries télévisées géorgiennes populaires, tant comiques que dramatiques ; il réalise régulièrement des prises de vue des événements sportifs et mène ses propres projets photographiques.

Son travail documentaire inclut Muradi (ci-dessus), un court-métrage tourné avec la Canon EOS C50 qui raconte l'histoire d'un jeune berger passant ses étés dans les montagnes de Bakhmaro, en Géorgie, à s'occuper de son bétail et de ses chevaux. Chaque année, Murad participe à la course de chevaux traditionnelle de la région, une compétition qu'il a remportée à de nombreuses reprises.

En 2022, il a réalisé The Last of Us, une série de portraits mettant en lumière les derniers vétérans de la Seconde Guerre mondiale encore en vie en Géorgie. « Cela a été très émouvant pour moi de pouvoir partager leurs histoires », explique Kakha, dont les propres expériences de jeunesse (avoir dû quitter son lieu de naissance et recommencer une nouvelle vie ailleurs) ont façonné sa vision de la photographie. « Quand on voyage, il est difficile de conserver ses souvenirs. Mais une photographie, elle vous ramène dans le passé. C'est une machine à remonter le temps. »

Y a-t-il une motivation commune à l'ensemble de votre travail, qu'il s'agisse de documentaires, de sport ou de portraits ?

« Pour moi, la motivation, c'est l'intérêt. Je veux découvrir quelque chose de nouveau et, à l'aide de l'appareil, le montrer aux autres à travers mon regard. C'est pourquoi j'ai été attiré par le documentaire, plutôt que par la fiction. Il m'arrive de voir quelque chose que les autres ne voient pas – un léger changement de lumière, ne serait-ce qu'une seconde, et qui peut raconter toute l'histoire. Pour transmettre une émotion, il faut prendre une photo ou activer l'enregistrement exactement au bon moment. »

Qu'est-ce qui fait une bonne collaboration entre un directeur de la photographie et un réalisateur ?

« Le directeur de la photographie doit comprendre l'histoire et l'impact recherché. Il est important d'échanger avec le réalisateur sur l'atmosphère que doivent dégager les images. Les projets les plus réussis naissent lorsque l'on parle le même langage. Parfois, il faut des plans larges, calmes et doux. D'autres fois, il faut filmer à la main avec une lumière crue. La cinématographie fonctionne en parallèle avec la réalisation et est à son service. »

L'idée de The Last of Us vous est venue alors que vous travailliez sur un documentaire consacré aux vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Qu'est-ce qui vous a poussé à réaliser un projet de photographies sur ce thème ?

« Les personnes qui figurent dans mon projet sont différentes de celles du documentaire, mais si j'ai eu envie de réaliser des portraits lorsque j'ai rencontré ces vétérans, c'est à cause de leur regard. Leurs visages étaient uniques, mais dans leurs yeux, j'ai perçu une profondeur qui venait de l'intérieur. J'ai compris que je devais immortaliser cet instant. En un millième de seconde, on peut raconter une histoire. »

De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?

« La Canon EOS C50. Je suis tombé amoureux de cette caméra. Elle est incroyable : confortable, légère, et elle m'offre la qualité d'image haut de gamme dont j'ai besoin, que je tourne un documentaire ou que je crée du contenu pour les réseaux sociaux. Un autre aspect très utile pour mon travail de créateur d'images hybride est que je peux passer rapidement du mode vidéo au mode photo. Pour la photographie, le meilleur choix est le Canon EOS R5 Mark II grâce à ses images haute résolution, son recadrage intégré et ses capacités d'autofocus. »

Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?

« Quand je pars en tournage ou en séance photo, je veille toujours à emporter une batterie externe avec moi. Ainsi, si j'ai besoin de recharger mon téléphone, mon appareil ou mes éclairages et qu'il n'y a pas de source d'alimentation à proximité, je sais que j'ai une solution de secours. »

Ce que je sais

Kakha Mshvidobadze

« Réalisez davantage de prises de vue. N'attendez pas. Ne laissez pas passer les moments importants. Si vous voyez quelque chose d'intéressant ou de beau, immortalisez-le. La photographie et la réalisation sont les seuls moyens dont nous disposons pour arrêter le temps et le conserver à jamais. J'y pense beaucoup. La photographie et le cinéma conservent nos souvenirs afin que nous puissions toujours y revenir. »

Instagram : @kakhamshvidobadze

Facebook : @kmshvidobadze

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