Mario Ilić

Une vue en plongée d'un mannequin, vêtu d'une veste blanche côtelée, accroupi et entouré d'hortensias.

L'ambassadeur Canon Mario Ilić considère la photographie et la réalisation comme des disciplines distinctes, mais affirme que chacune remodèle continuellement l'autre, ce qui lui permet de revenir aux photos ou aux vidéos avec un regard neuf. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV (désormais remplacé par le Canon EOS R5 Mark II) équipé d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS III USM (désormais remplacé par le Canon RF 70-200mm F2.8L IS USM) à 200 mm, 1/160 s, f/4 et ISO 100. © Mario Ilić

Adolescent, Mario Ilić avait envoyé un e-mail à Canon pour demander si l'entreprise accepterait de le parrainer. Plus d'une décennie plus tard, alors qu'il était assis sur une plage, il a répondu à ce qu'il pensait être un appel de routine avec son interlocuteur chez Canon en Autriche, et c'est là qu'il a appris qu'il venait d'être nommé ambassadeur Canon. « Je ne m'y attendais vraiment pas », confie-t-il. « Quand j'étais adolescent, rejoindre la famille Canon était un objectif que je poursuivais activement. Aujourd'hui, toutes ces années plus tard, cela s'est produit quand je m'y attendais le moins. »

Canon a également indiqué à Mario qu'il serait son premier ambassadeur originaire de Bosnie-Herzégovine, ajoutant une dimension supplémentaire à cette nomination. « Pour moi, c'est une source de fierté de représenter mon pays », explique-t-il. « Mais le plus important, c'est de faire partie de la famille Canon et de savoir que les personnes qui fabriquent ces appareils et ces objectifs apprécient mon travail. »

La photographie est entrée dans la vie de Mario vers 13 ou 14 ans, lorsque sa sœur aînée – elle-même passionnée de photographie avant de devenir architecte – lui a offert un petit appareil photo Canon qu'elle avait gagné lors d'un concours. Il a ensuite emprunté l'EOS 50D d'un ami avant que ses parents ne l'aident à acheter un EOS 60D.

Ayant grandi à Tuzla, en Bosnie-Herzégovine, Mario photographiait des musiciens, des portraits, des scènes de rue et tout ce qui attirait son regard. « C'était surtout la lumière ou l'émotion qui me poussait à prendre une photo », explique-t-il. « J'essayais de transposer en image ce que je voyais devant moi. » Après le lycée, un stage d'été a conduit Mario à Vienne. Ne sachant pas trop quoi étudier, c'est grâce à sa sœur qu'il a découvert le cursus Photographie appliquée et médias temporels de l'Université des arts appliqués. Environ 300 personnes ont postulé et il a été accepté parmi les sept personnes admises.

Lieu : Vienne, Autriche
Domaine de spécialité : reportage
Kit préféré :
Gros-plan sur les cheveux vert vif d'un mannequin glissés derrière son oreille.

Bien que Mario refuse de se définir par une formule visuelle figée, il identifie le mouvement, l'émotion, la lumière et les détails inattendus comme des éléments récurrents dans sa photographique et sa réalisation. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV équipé d'un objectif Canon EF 85mm f/1.4L IS USM (désormais remplacé par le Canon RF 85mm F1.4L VCM) à 1/60 s, f/1,4 et ISO 640. © Mario Ilić

Un mannequin posant au bord d'un lac, les mains sur les hanches, sa silhouette se reflétant dans l'eau.

Les storyboards et les moodboards guident Mario, mais il est toujours prêt à s'écarter du plan prévu lorsqu'un geste, un mouvement ou un instant inattendu offre quelque chose de plus fort. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV équipé d'un objectif Canon EF 85mm f/1.4L IS USM à 1/50 s, f/7,1 et ISO 100. © Mario Ilić

Aujourd'hui, la pratique de Mario oscille entre la photographie et la cinématographie, même s'il considère ces disciplines comme distinctes. La photographie lui offre une certaine indépendance ; il lui suffit de prendre un appareil et de travailler seul. La réalisation nécessite une équipe collaborative bien plus importante, allant des assistants caméra et du son au montage et à l'étalonnage des couleurs. « Mais ces deux domaines se recoupent constamment », explique-t-il. « La photographie a façonné ma façon de travailler en tant que directeur de la photographie, et lorsque je reviens à la photographie après la réalisation, je la perçois à nouveau différemment. »

Cette réinvention permanente est au cœur de l'approche de Mario. De plus en plus de clients lui disent qu'ils reconnaissent son travail, même s'il ne se reconnaît pas lui-même immédiatement dans un style défini. S'il y a des caractéristiques récurrentes, dit-il, ce sont le mouvement, l'émotion, la lumière et une fascination pour les détails que d'autres pourraient négliger. « J'essaie d'aborder chaque projet avec un regard neuf », explique-t-il. « C'est un peu comme si j'avais un tableau noir dans ma tête et que j'effaçais tout ce que je sais avant de recommencer à créer. »

Cet instinct signifie également qu'un storyboard n'est jamais immuable. Si un événement inattendu survient sur le plateau et semble plus fort que l'idée initiale, Mario s'y adapte.

Une image en noir et blanc d'un mannequin allongé sur un manteau à carreaux noirs et blancs, vêtu de lingerie en dentelle noire et de cuissardes.

Mario utilise le Canon EOS R5 Mark II pour les photos et les vidéos, notamment dans les situations où le fait de filmer à travers le viseur électronique lui permet de travailler de manière plus discrète dans des environnements animés ou intimes. Photo prise avec un Canon EOS R5 Mark II équipé d'un objectif Canon RF 24-105mm F4L IS USM à 50 mm, 1/80 s, f/4 et ISO 320. © Mario Ilić

Un mannequin défilant sur un podium, vêtu d'un pantalon noir, d'un haut noir et d'un masque noir, le tout orné d'une seule rayure blanche centrale.

Une photo prise lors du défilé de mode des diplômés de 2025 à l'Université des arts appliqués de Vienne. Photo prise avec un Canon EOS R5 équipé d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS III USM à 200 mm, 1/250 s, f/4 et ISO 800. © Mario Ilić

Cette même sensibilité devient plus complexe lorsque son sujet est profondément personnel. Pour son projet de master, Mario a photographié à plusieurs reprises les résidents d'une maison de retraite en Bosnie. Mais lorsqu'il y a rencontré un proche gravement malade, il s'est retrouvé incapable de lever son appareil. « La photographie et l'art m'ont soudain semblé si insignifiants face à la valeur de la vie », se souvient-il.

Mario ne souhaite pas définir trop précisément la prochaine étape de sa carrière. La photographie, la cinématographie, la mode, les clips musicaux, les films, les expositions et les livres restent autant de possibilités. « La beauté de l'art, c'est qu'on ne sait jamais ce qu'on va faire ensuite », dit-il. « Je veux simplement continuer à apprendre et à évoluer. »

Comment savoir quand il faut abandonner le plan et faire confiance à son instinct ?

« En général, cela arrive quand le plan ne fonctionne tout simplement plus. Imaginez que vous filmiez une interview et que soudain, quelque chose d'important se passe de l'autre côté de la rue. Vous pouvez revenir et refaire l'interview, mais ce moment inattendu ne se produira peut-être qu'une seule fois. C'est le genre d'instinct que j'essaie de suivre. Je veux toujours avoir un plan, un storyboard ou une ligne directrice, mais si la réalité m'offre quelque chose de plus fort, je ne veux pas que le plan m'empêche de le voir. »

À partir de quand une image devient-elle intéressante plutôt que simplement belle d'un point de vue technique ?

« Les images techniquement correctes peuvent être les plus ennuyeuses. Je pense qu'une grande partie de la beauté réside dans le fait d'accepter les erreurs et de ne pas toujours suivre les règles. Mais on ne peut vraiment se permettre d'enfreindre ces règles qu'une fois qu'on les a comprises. Il faut d'abord maîtriser l'aspect technique. Il y a bien sûr un temps et un lieu pour la perfection technique, mais pour moi, le plus intéressant commence quand on peut aller au-delà. »

Comment continuez-vous à évoluer en tant que créateur d'images ?

« Je pense qu'il s'agit d'éduquer sans cesse son regard. La photographie est liée à la culture : la lecture, la littérature, les expositions, les conversations avec d'autres artistes, les collaborations, le cinéma et les voyages. Mais cela peut aussi être quelque chose d'aussi simple que de s'ennuyer en ville et de se promener en observant ce qui nous entoure. Pour moi, la photographie pourrait presque se définir comme l'art de l'observation. Dès que l'on cesse d'observer, on cesse d'évoluer. »

De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?

« J'ai acheté un objectif Canon EF 17-40mm f/4L USM d'occasion à Tokyo il y a des années pour environ 110 €, et c'est avec lui que j'ai bâti ma carrière. Environ 80 % des prises de vue que j'ai réalisées avec des appareils Canon ont été tournées avec cet objectif. Techniquement, il n'est pas parfait, mais il possède quelque chose que je ne sais pas vraiment expliquer : une touche ou un caractère particulier. Les caméramans qui ont travaillé avec moi ont fini par acheter le même objectif parce qu'ils l'ont ressenti eux aussi. »

Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?

« Je voyage généralement avec un vieux caméscope – l'un de ces "caméscopes de papa" du début des années 2000. Il offre cette qualité de vidéo "fait maison" que l'on reconnaît immédiatement. J'aime associer ce rendu à des séquences tournées avec des caméras cinéma Canon haut de gamme. J'apprécie de pouvoir jouer avec ces deux extrêmes plutôt que d'avoir un résultat parfaitement lisse et homogène. »

Ce que je sais

Mario Ilić

« La compétence technique est une base, pas un plafond. »

Site Web : marioilic.com

Instagram : @mahreyoilic

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