Hamoudi Laggoune

Une femme debout derrière une balustrade métallique. Image tirée du film Le Gouffre, réalisé par Hamoudi Laggoune.

Hamoudi Laggoune, ambassadeur Canon, a utilisé la Canon EOS C400 pour tourner Le Gouffre aux côtés du réalisateur et scénariste algérien Amar Sifodil. © Hamoudi Laggoune

Pour l'ambassadeur Canon Hamoudi Laggoune, certains des meilleurs films naissent lorsque le public oublie complètement la présence du directeur de la photographie. « Vous devez vous effacer derrière le film », explique ce directeur de la photographie franco-algérien, dont la carrière l'a mené de la pellicule 35 mm et des clips musicaux aux longs métrages, documentaires et tournages sous-marins. « Ne vous mettez pas, vous et votre ego, au premier plan. Vous devez être juste ce qu'il faut pour la scène. »

C'est une philosophie à laquelle Hamoudi est parvenu après plus de deux décennies derrière la caméra. Né et élevé à Alger, il a expérimenté le cinéma en 8 mm et la photographie en noir et blanc, bien qu'il se destinait au départ au domaine du son. Après son installation en France en 1993, il a commencé des études de cinéma en 1997, en se spécialisant dans l'image et la prise de vues.

Hamoudi a travaillé comme électricien puis chef électricien, emportant avec lui une petite caméra 16 mm sur les plateaux et filmant des images supplémentaires dès que l'occasion se présentait. Il a finalement monté ces images en bande démo, ce qui lui a permis de décrocher ses premiers projets de tournage, notamment des clips pour des artistes français de rock et de rap.

De retour en Algérie en 2005 pour se rapprocher de son père, il tournait des publicités lorsque le célèbre réalisateur algérien Merzak Allouache lui a demandé d'assurer la photographie pour Le Repenti (2012). Ce film a transformé la vision de Hamoudi autant que sa carrière. Son travail publicitaire l'avait habitué à rechercher l'image la plus soignée possible sur le plan esthétique, mais son expérience avec Allouache sur Le Repenti lui a appris que la photographie devait être au service du scénario, même lorsque cela impliquait une image volontairement brute ou imparfaite. « Cela m'a fait passer d'une esthétique sans expression à une autre manière de travailler », explique-t-il. « Le public doit vous oublier. »

Lieu : Barcelone, Espagne
Domaines de spécialité : longs métrages, documentaires et cinématographie sous-marine
Kit préféré :
Une femme âgée donne de la soupe à un homme âgé à l'aide d'un bol. Image tirée du film Photographier La Vie, réalisé par Hamoudi Laggoune.

Hamoudi a souvent collaboré avec le réalisateur algérien Merzak Allouache, notamment récemment sur le court-métrage Photographier La Vie (2026). © Hamoudi Laggoune

Hamoudi et Allouache ont désormais réalisé huit films ensemble, et un neuvième est déjà prévu. Leur collaboration débute par des échanges autour du scénario, de tableaux, de films et d'autres références qui les orientent vers une esthétique commune, tout en laissant une place essentielle aux découvertes sur le plateau. Hamoudi travaille souvent caméra à l'épaule et au plus près des acteurs, s'adaptant à leurs mouvements et à leurs émotions plutôt que d'imposer un cadrage prédéfini.

La technologie Canon a évolué parallèlement à cette approche. Hamoudi se souvient de l'arrivée du Canon EOS 5D Mark II à grand capteur comme d'une avancée majeure pour le cinéma numérique, lui offrant la profondeur de champ qu'il associait à la pellicule ainsi qu'un boîtier compact qu'il pouvait également emmener sous l'eau. Son goût pour l'expérimentation s'étend aujourd'hui de la cinématographie sous-marine et du système Cinema EOS à la production virtuelle et à l'imagerie grand format.

Gros plan sur un homme au volant d'une voiture, le regard intense. Image tirée du film Le Gouffre, réalisé par Hamoudi Laggoune.

Hamoudi a tourné Le Gouffre avec une Canon EOS C400 équipée d'objectifs à focale fixe Canon CN-E. Il travaille souvent avec des focales de 50 mm et 85 mm et apprécie particulièrement les objectifs à focale fixe CN-E pour leur rendu des teints de peau. © Hamoudi Laggoune

Sur La Famille (2021), la Canon EOS C500 Mark II a offert à Hamoudi la plage dynamique nécessaire pour travailler avec un éclairage très limité dans le cadre d'une production à petit budget. Il privilégie désormais la Canon EOS C400, notamment pour ses performances en basse lumière et la liberté qu'elle lui offre de suivre les comédiens à travers des variations d'éclairage sans avoir à interrompre une scène.

Pour Hamoudi, toutefois, la technologie reste toujours au service de l'émotion. « Le cinéma est un langage qui s'adresse à votre instinct », explique-t-il. « Il faut connaître les règles, puis savoir les transgresser pour créer de l'émotion. »

Devenir ambassadeur Canon représente à ses yeux à la fois un honneur et une reconnaissance importante des plus de vingt années qu'il a consacrées à son métier. Et son désir de poursuivre l'exploration demeure intact. Qu'il travaille dans la pénombre, qu'il emmène une caméra sous l'eau ou qu'il cherche de nouvelles façons d'accompagner le jeu d'un acteur, Hamoudi est toujours aux anges lorsqu'il a une caméra entre les mains. « Lorsque je suis sur un plateau avec une caméra, je me sens comme un héros », confie-t-il. « C'est pour cela qu'on vit. »

Un homme filme avec une caméra Canon EOS C400.

La Canon EOS C400 est actuellement la caméra de prédilection de Hamoudi. Il apprécie tout particulièrement ses performances en basse lumière, l'ayant utilisée pour suivre des acteurs dans des intérieurs très sombres et tourner des scènes en ne comptant pratiquement que sur la lumière ambiante. © Hamoudi Laggoune

Un homme en mer, vêtu d'une combinaison de plongée, filme avec un appareil photo Canon depuis un caisson sous-marin.

Les appareils photo compacts Canon EOS ont permis à Hamoudi d'explorer de nouvelles possibilités sous l'eau. Il a utilisé un EOS 5D Mark III dans un caisson sous-marin pour enregistrer des séquences au format RAW destinées à un film, Kindil El Bahr (2016), qui raconte l'histoire d'une femme se transformant en méduse. © Hamoudi Laggoune

Lorsque vous lisez un scénario pour la première fois, quelle est la première image que vous recherchez ?

« Je ne pense pas que tout commence par une seule image. Tout d'abord, j'ai besoin d'échanger avec le réalisateur. Nous pouvons passer du temps à parler de sources d'inspiration, qu'il s'agisse de tableaux, de références ou de films que nous avons vus, et c'est à partir de ces échanges que nous commençons à construire une idée de ce que le film doit être. Il n'est pas toujours nécessaire d'avoir beaucoup d'idées. Parfois, le choix consiste simplement à utiliser une caméra à l'épaule qui reste au plus près des acteurs. Et même après des heures de planification, vous pouvez arriver sur le plateau, voir quelque chose de différent et réaliser qu'il existe une meilleure approche. Il faut laisser de la place à cette inspiration. »


Quel est le secret d'une grande cinématographie de cinéma : une image qui nous marque ou une image qui nous touche ?

« Pour moi, c'est bien plus une question de sensation. Le cinéma possède un langage qui s'adresse à quelque chose d'instinctif en nous. Ce n'est pas seulement intellectuel. Il existe des règles au cinéma, car elles correspondent à la manière dont le public perçoit et comprend ce qui se passe. Il faut d'abord apprendre ces règles, mais on peut ensuite les enfreindre lorsqu'on souhaite susciter une émotion particulière. Un bon film doit vous plonger au cœur de son histoire. Si l'on doit s'arrêter pour tout expliquer, c'est que quelque chose ne fonctionne pas. Le public doit ressentir l'image avant même de commencer à réfléchir à la manière dont elle a été réalisée. »


Après plus de vingt ans derrière une caméra, qu'est-ce qui peut encore vous surprendre sur un plateau ?

« Tout. Chaque jour, on découvre quelque chose de nouveau. Je dis à mon équipe de prise de vue que lorsque le réalisateur dit « coupez », personne ne bouge tant que je ne l'ai pas autorisé. Parfois, l'acteur est encore plongé dans l'émotion de la scène ; le réalisateur est peut-être plus loin, mais si je filme à la main, je peux parfois me retrouver à un mètre de l'acteur. Je peux sentir comment il respire et bouge. Je veux rester en phase avec lui jusqu'à ce que cette émotion s'éteigne, car ce moment inattendu peut s'avérer très spécial. »


De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?

« La Canon EOS C500 Mark II m'a apporté une grande liberté. Nous tournions un film avec un budget très limité et, parfois, nous ne pouvions pas éclairer correctement la scène. La plage dynamique de la caméra m'a permis de saisir la différence entre les hautes lumières et les ombres, et de travailler beaucoup plus facilement dans ces conditions difficiles. »


Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?

« J'accorde énormément d'importance à ma configuration caméra. C'est l'une des premières choses que je vérifie avant un tournage, car c'est moi qui dois m'en servir toute la journée. Mais je plaisante avec mon équipe en disant que même si on m'enlevait mon objectif, je pourrais quand même filmer. Je me fabriquerais un sténopé ! Un directeur de la photographie doit savoir trouver des solutions avec les outils dont il dispose. »

Ce que je sais

Hamoudi Laggoune

« Il n'y a pas de recette toute faite quand on commence un film. On ne sait jamais vraiment ce qui va se passer. Ce que j'ai appris, c'est qu'il faut rester en phase avec l'émotion. Lorsque je filme caméra à l'épaule avec un acteur, je respire avec lui et je bouge avec lui. Si ça fonctionne, le public oublie la caméra et se concentre sur le jeu de l'acteur. Pour moi, c'est le summum de notre art : le directeur de la photographie disparaît et seule l'émotion demeure. »

Instagram : @hamoudi_laggoune

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