Lorsque vous lisez un scénario pour la première fois, quelle est la première image que vous recherchez ?
« Je ne pense pas que tout commence par une seule image. Tout d'abord, j'ai besoin d'échanger avec le réalisateur. Nous pouvons passer du temps à parler de sources d'inspiration, qu'il s'agisse de tableaux, de références ou de films que nous avons vus, et c'est à partir de ces échanges que nous commençons à construire une idée de ce que le film doit être. Il n'est pas toujours nécessaire d'avoir beaucoup d'idées. Parfois, le choix consiste simplement à utiliser une caméra à l'épaule qui reste au plus près des acteurs. Et même après des heures de planification, vous pouvez arriver sur le plateau, voir quelque chose de différent et réaliser qu'il existe une meilleure approche. Il faut laisser de la place à cette inspiration. »
Quel est le secret d'une grande cinématographie de cinéma : une image qui nous marque ou une image qui nous touche ?
« Pour moi, c'est bien plus une question de sensation. Le cinéma possède un langage qui s'adresse à quelque chose d'instinctif en nous. Ce n'est pas seulement intellectuel. Il existe des règles au cinéma, car elles correspondent à la manière dont le public perçoit et comprend ce qui se passe. Il faut d'abord apprendre ces règles, mais on peut ensuite les enfreindre lorsqu'on souhaite susciter une émotion particulière. Un bon film doit vous plonger au cœur de son histoire. Si l'on doit s'arrêter pour tout expliquer, c'est que quelque chose ne fonctionne pas. Le public doit ressentir l'image avant même de commencer à réfléchir à la manière dont elle a été réalisée. »
Après plus de vingt ans derrière une caméra, qu'est-ce qui peut encore vous surprendre sur un plateau ?
« Tout. Chaque jour, on découvre quelque chose de nouveau. Je dis à mon équipe de prise de vue que lorsque le réalisateur dit « coupez », personne ne bouge tant que je ne l'ai pas autorisé. Parfois, l'acteur est encore plongé dans l'émotion de la scène ; le réalisateur est peut-être plus loin, mais si je filme à la main, je peux parfois me retrouver à un mètre de l'acteur. Je peux sentir comment il respire et bouge. Je veux rester en phase avec lui jusqu'à ce que cette émotion s'éteigne, car ce moment inattendu peut s'avérer très spécial. »
De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?
« La Canon EOS C500 Mark II m'a apporté une grande liberté. Nous tournions un film avec un budget très limité et, parfois, nous ne pouvions pas éclairer correctement la scène. La plage dynamique de la caméra m'a permis de saisir la différence entre les hautes lumières et les ombres, et de travailler beaucoup plus facilement dans ces conditions difficiles. »
Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?
« J'accorde énormément d'importance à ma configuration caméra. C'est l'une des premières choses que je vérifie avant un tournage, car c'est moi qui dois m'en servir toute la journée. Mais je plaisante avec mon équipe en disant que même si on m'enlevait mon objectif, je pourrais quand même filmer. Je me fabriquerais un sténopé ! Un directeur de la photographie doit savoir trouver des solutions avec les outils dont il dispose. »