Que représente le cinéma pour vous ?
« Je dis souvent que le cinéma est éternel. J'ai grandi en regardant des cinéastes yorubas chevronnés comme Tunde Kelani ; Saworoide (1999) était un classique qui m'était cher. On ne se souvient pas de qui a tourné nos publicités préférées à la télévision, mais on se souvient de Ryan Coogler pour Sinners (2025). Le cinéma vous offre cet héritage et cette crédibilité. C'est pourquoi j'ai décidé de ne pas faire des choses qui seraient oubliées au bout d'un an. J'ai commencé à réfléchir à ce que serait mon héritage. Qu'est-ce que je veux que les gens associent à moi ? C'est à partir de là que j'ai su que j'allais m'en tenir au cinéma. »
Quelles ont été vos impressions lors de votre premier tournage ?
« Le cinéma est un parcours très collaboratif. Je m'y suis lancée en voulant devenir directrice de la photographie, mais quand je suis arrivée sur un plateau de tournage pour la première fois, j'ai vu qu'il fallait tout un village. Il n'y avait pas que le directeur de la photographie, mais aussi le réalisateur et le scénariste, l'assistant-réalisateur qui gère le tournage au quotidien, l'ingénieur du son et l'éclairagiste. Même si vous tournez un court-métrage avec une équipe réduite, vous avez au moins 20 personnes. Cela m'enthousiasmait, car je savais que deux têtes valent mieux qu'une seule ; alors imaginez six ou sept têtes qui travaillent ensemble. »
Pourquoi pensez-vous que Nollywood soit devenu une industrie aussi florissante et riche en créativité ?
« Nollywood fonctionne parce que les Nigérians le veulent. Tout a commencé avec le cinéma itinérant, où les gens payaient pour voir des spectacles, et aujourd'hui, tout est devenu très numérique. Des films sont mis en ligne sur YouTube tous les jours. Le Nigeria compte plus de 200 millions d'habitants, il y a donc un public à satisfaire. C'est une industrie qui s'est développée grâce à des fonds privés car, contrairement à Hollywood, elle ne bénéficie ni d'infrastructures importantes ni de soutien gouvernemental. »
De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?
« Lorsque la Canon EOS C80 est sortie, j'ai trouvé que le plein format était vraiment génial. Elle dispose de filtres ND intégrés, offre une excellente plage dynamique et une colorimétrie exceptionnelle. Grâce au système Triple Base ISO, en basse lumière, je peux augmenter mon ISO sans que le grain n'apparaisse à l'écran, ce qui est vraiment génial. Ma distance focale préférée est le 35 mm, car elle m'offre la liberté de tout faire : des plans en mouvement, des gros plans, et on peut aussi utiliser le grand-angle autant que possible sans que l'image ne soit déformée. Quel que soit l'objectif, le 35 mm est toujours la distance focale idéale pour moi. Si je ne devais travailler qu'avec un seul objectif, je choisirais mon Canon RF 35mm F1.8 MACRO IS STM. »
Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?
« Quand il y a des temps morts sur le plateau, je lis un livre. Avec tous ces écrans (téléphone, ordinateur portable, iPad), j'ai en fait envie de tenir quelque chose entre mes mains. Je lis actuellement A Good Name de Yejide Kilanko. Pour moi, c'est une évasion. Je me mets à la place d'un personnage et je me construis ma propre idée visuelle. Il y a tout un univers que j'imagine visuellement rien qu'en lisant un livre. »