C'est assez inhabituel d'avoir commencé par la joaillerie ; quel est le lien avec la photographie ?
« Quand je créais des bijoux, l'essentiel était la simplicité. Il était important, lorsqu'on observait quelque chose de très petit, ou peut-être de loin, de pouvoir reconnaître ce qu'on voyait et quelle forme cela avait. J'applique le même principe en photographie. Une photographie doit être claire et vous parler dès le premier regard. C'est ce qui relie le design et la photographie à mes yeux. Pour moi, une image doit attirer le regard dès le premier coup d'œil – pour créer ce lien immédiat qui donne envie de s'arrêter et de la regarder. Je souhaite inciter le spectateur à plonger plus profondément dans le cadre, à découvrir les différentes couches, les détails et les petites histoires cachées au sein de l'image. Plus on la regarde, plus elle doit se révéler. »
Vous vendez des tirages beaux-arts de vos œuvres sur votre site Web. Quel est votre équipement ?
« Je possède une Canon imagePROGRAF PRO-1000 qui imprime jusqu'au format A2. C'est la plus grande imprimante que je puisse installer dans mon bureau et elle offre une qualité exceptionnelle, surtout lorsqu'elle est associée à du papier haut de gamme. Le fait de posséder sa propre imprimante permet d'apprendre à préparer, tester et ajuster une image en vue de l'impression, que ce soit au niveau de la retouche, de la luminosité ou du contraste. Cela vient parachever le processus photographique, car on dispose alors d'un produit fini, que l'on peut tenir entre ses mains. C'est une expérience différente de celle que l'on vit en regardant une photographie sur un écran. J'aime voir mes images accrochées au mur. »
Photographier les loups arctiques a été une étape décisive pour vous. Comment y êtes-vous parvenu ?
« À l'époque, il n'existait pratiquement aucun voyage commercial axé sur la recherche des loups arctiques sur l'île d'Ellesmere avec les connaissances et les techniques de survie des guides inuits. Nous avons parcouru 400 km en motoneige au nord du village inuit, mais nous n'avons pas réussi à trouver les loups. Heureusement, j'ai rencontré un homme, qui est devenu un bon ami, et qui a pu financer un autre voyage. Cette fois-ci, nous avons également utilisé des chiens de traîneau. À notre arrivée, il y a eu une tempête de neige : trois jours de blizzard avec une faible visibilité. Même après la fin de la tempête, nous pouvions voir des traces, mais rien de plus. Le douzième jour, une meute de dix loups est apparue de nulle part. L'une des choses dont je suis le plus fier, c'est que mes photos ont contribué à la mise en place d'une petite initiative d'écotourisme durable sur l'île d'Ellesmere. En permettant aux visiteurs de découvrir cette nature sauvage extraordinaire de manière responsable, ces voyages génèrent des revenus et des opportunités pour la communauté locale, tout en renforçant l'importance de la protection de la faune et des paysages qui rendent l'île si unique. Pour moi, c'est l'un des résultats les plus significatifs de la photographie animalière : lorsque le partage d'une histoire contribue à créer une raison de la protéger. »
De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?
« J'adore mon Canon EOS R5. Dans des conditions extrêmes, par grand froid, il est imbattable. Et il m'offre une qualité d'image exceptionnelle qui me permet de réaliser des tirages grand format. Je l'associe à deux zooms – le Canon RF 24-105mm F4L IS USM et le Canon RF 100-500mm F4.5-7.1L IS USM – pour une flexibilité maximale. On commence à photographier quand un animal est loin, puis on se rend compte qu'il se rapproche de plus en plus – parfois assez rapidement – et on n'a pas le temps de changer d'objectif. Avec un zoom plus long à portée de main, on a également la possibilité de réaliser des portraits serrés d'animaux ou des gros-plans sur leurs yeux. »
Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?
« Un capteur de piège photographique. Il me permet de déclencher un appareil photo à distance lorsqu'un animal entre dans le cadre, ce qui ouvre des possibilités photographiques tout simplement impossibles à réaliser avec des méthodes conventionnelles. Il me permet de placer un objectif grand angle à quelques mètres seulement d'espèces extrêmement insaisissables et timides, afin de capturer des perspectives intimes et immersives tout en minimisant les perturbations. Je peux également laisser un appareil photo positionné en toute sécurité sur le terrain pendant des jours, des semaines, voire des mois, en attendant ce moment rare où l'animal, son comportement, la lumière et les conditions s'alignent. Pour moi, le capteur n'est pas seulement un déclencheur : c'est un moyen de créer des images uniques à partir de perspectives qu'il serait autrement impossible de capturer. »